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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 06:45

 

prometheus

Source Greek Cartoonist Association

Après Point sur l'économie Grecque. première partie, voici des hypothèses de sortie de crise présentées par Claude Petit.

Claude petit a dirigé une filiale d'une banque Française en Grèce.

 

Quelles alternatives pour la Grèce ?

                                                                         Soirée –débat du 14  janvier 2011

 

Les solutions possibles ne sont pas infinies.

On peut les identifier en quelques grandes catégories, à partir desquelles se déclinent des politiques publiques très différentes.

Les spécificités de même que  les forces et faiblesses  sont présentées schématiquement. Les points de débats sont également notés.

1-Sortie de l’Euro

-coût réel  du retour au drachme et impact sur le reste de la zone euro  à évaluer

- quel taux de dépréciation (sans doute >35-40%, si le pays veut retrouver une situation d’équilibre de sa balance des paiements et balances commerciales ;

- réalisme de la mesure de rembourser une cette en devises (euro), détenue par des investisseurs non-euros (Chine, Japon, USA, … ?

- les risques économiques (quels investisseurs accepteront d’investir en drachme soutenu par la « petite » banque centrale de Grèce), les risques politiques majeurs (retour au nationalisme, aux politiques isolationnistes …) et les risques sociétaux (fuite des cerveaux, …) sont-ils correctement évalués, débattus, assumés ?

- seul point positif possible : les touristes non grecs seront heureux de se payer des vacances peu chères en Grèce …sur le dos des grecs qui en paieront la facture une fois les touristes partis (salaires dévalués, …)

2- La mise en défaut  

-         Point positif : l’Etat se donne de l’oxygène….

-         Mais quel investisseur voudra re-prêter (à court terme du moins) pour financer les besoins ? : effet image, crédibilité de l’Etat au niveau européen et mondial). L’Etat devra alors s’autonomiser des marchés via hausse de fiscalité, création de nouvelles ressources (privatisations à marche forcée ?) : cf pays du Sud ‘Argentine2001, Russie en 1998, Afrique décennies 1980, 1990, 2000….  : tous ces pays se sont mis en défaut et ont perdu de l’influence pour 10- ans minimum, plus  si le pays n’a pas de structure industrielle forte (cas de la Grèce, par rapport au Brésil, et la Russie)

-          Le défaut ne peut qu’être temporaire : le pays devra présenter un plan de remboursement (club de Paris, club de Londres pour les pays en défaut depuis l’après –guerre : la Grèce serait alors le 1er pays OCDE à venir auprès de ces instances depuis 1945

-         Impact sur les autres pays de la zone euro : Cf Daniel Cohen (interview Le Monde 25/11/2010) : un défaut d’un Etat (de la zone euro)  provoquerait un risque systémique

 

 

3-Une austérité accrue pour permettre le remboursement des créanciers et le refinancement des échéances et nouveaux besoins  

-         En d’autres termes poursuivre en l’aggravant les orientations prises au premier semestre 2010 consistant  à se donner des nouvelles ressources et réduire les dépenses les plus faciles (fonctionnaires) sans forcément remettre en cause le modèle de développement antérieur

-         L’effet négatif majeur et déjà visible est la récession, enclenchant un cercle vicieux de croissance de l’endettement (ratio Dette/PIB tend vers 150%) insupportable et insupporté ;

-         La dette privée même moins forte qu’aux Usa et dans le reste de l’Europe s’alourdira (entreprises, ménages)

-         Tous les effets d’une politique déflationniste seront visibles au niveau économique ( disparition élevée des entreprises, croissance des impayés dans les banques ; arrêt des investissements ) et social (pauvreté,…)

4- De nouvelles règles de fonctionnement économique et monétaire de l’Union Européenne 

-         Enclencher une politique de gestion de crise, fondée sur une analyse économique keynésienne de relance des demandes privées et publiques et non purement libérale comme aujourd’hui :

o       par une politique de redistribution des revenus  entre revenus du travail (salaires, SMIC) aux dépens des revenus du capital (dividendes, plus values, intérêts)  

o       et par une politique d’investissements publics en grands chantiers européens, adossé aux points forts et aux besoins de chaque pays (ex :économies d’énergie en Grèce pour moins importer de gaz et fuel ; offres touristiques, attirer les ressources intellectuelles par l’affirmation  d’une grande ambition nationale donnant un  sens collectif (ex :  formation au long de la vie / formation permanente dans les entreprises et hors des entreprises , structures intergénérationnelles d’aides à la personne âgée, handicapée, malade)

-         Opérer une gestion de crise sur 5 ans en redonnant de l’oxygène et instillant la confiance des créanciers (garantie ou rachat de dettes par BCE ; plafonnement des intérêts de la dette, …)

-         Conditionner les aides européennes  à une politique convergente économique (taux de croissance, répartition des revenus, ..) et budgétaire minimale (une monnaie commune, donc des politiques économiques et  financières communes), fondée sur des mécanismes décisionnels (ex : approbation du Parlement Européen)

-         Laisser se déprécier l’Euro : les pays comme la Grèce et l’Irlande, dont l’économie est liée surtout à l’apport de capitaux externes, s’en trouveront que mieux avec des marges de manœuvre

-         -Idem pour une certaine politique inflationniste : l’inflation pourrait contribuer pour partie à diminuer le poids des dettes du pays (privée et publique)

5- Un moratoire négocié partageant les pertes et les efforts entre créanciers, Etat et citoyens du pays 

-         Principes d’une négociation : être 2 (débiteur, créancier) voire 3 (un arbitre externe, type FMI)

-         Accord bilatéral avec partage de gains et pertes

-         Moratoire limité en prix (taux  voisins de la norme moyenne de l’UE) ; en durée (ré-étalement sur 10 ans ? , considérant la durée d’amortissement des investissements des 7 dernières années en infrastructures sportives, culturelles, routières) et sur une clause de retour à meilleure fortune( remboursements accélérés si équilibre budgétaire 

6- de nouvelles règles de fonctionnement de la sphère monétaire et financière mondiale

-        Réguler les acteurs des marchés financiers non encore régulés (hedge-funds) 

-         Revoir la circulation des capitaux  (suppression des paradis fiscaux n’apportant de création de valeur ajoutée économique  

-         Taxer les activités de pure spéculation sans création de valeur économique

-        Taxe carbone à généraliser graduellement

 

 

CONCLUSIONS ….

-         Des points positifs :

° pas de bulle spéculative immobilière ;

° des marges de progrès liés à une lutte acharnée contre la corruption et pour une réduction des dépenses militaires ;

° la Grèce n’est plus seule à gérer un surendettement public, celui-ci étant toutefois lié à des causes différentes à chacun des autres pays

-         La Grèce n’échappera pas à réviser le modèle de développement du pays : les forces de proposition organisées (associations, partis, syndicats) ont intérêt à formaliser des propositions  et lancer les débats

-         A CT, la Grèce ne peut échapper à une renégociation de sa dette : la replacer dans un cadre politique débattu et validé tant national que européen éviterait la prolongation de crises et méfiances  de plus en plus négatives pour tous les acteurs (Etat, entreprises, ménages)

 


Je suis sorti de cette réunion à la fois perplexe, et pas très optimiste.La politique imposée par l'UE et le FMI ne mène nulle part.

Et sauf changement des règles economiques Européennes, on voit mal comment la Grèce peut s'en sortir.

Quand aux changements ( partie 4), Claude Petit a mille fois raison. Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie ne dit pas autre chose. Mais où sont les politiques qui auraient la lucidité et le courage de les appliquer?

 

 

 

 

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Published by benichou - dans Economie
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commentaires

Dornac 03/02/2011 17:02



Ah tiens ? Je l'ignorais complètement. Je disais ça mais... si c'est du foie gras de canard, je ferai une exception (on ne se refait pas)... et ne me parle pas de vilain petit canard parce que je
vais me sentir obligée d'aller voir un psy !



dornac 01/02/2011 20:56



Ca ne me donne pas envie de manger du foie !



benichou 03/02/2011 07:34



Le foie, c'est le siège symbolique de l'égo!



Vladimir Vodarevski 31/01/2011 23:09



Une restructuration de la dette, c'est-à-dire un défaut partiel, puisque les créanciers devraient accepter une diminution de la valeurs des obligations qu'ils possèdent, n'est pas une hypothèse
aberrante. C'est ce qui est fait dans ce genre de situation. Et, la Grèce ne représente pas un montant d'emprunt si élevé à l'échelle de l'Union Européenne. Le pays serait en partie soulagé. Il
serait en même temps contrait de se réformer, car les autres pays européens conditionneraient toujours leur aide à la réalisation de réformes. Ces autres pays pouvant justement l'aider avant que
les prêteurs ne reprennent confiance.


 


Un défaut est un risque que doit envisager l'investisseur. En ce moment, les acheteurs d'obligations ont le beurre et l'argent du beurre: ils prêtent à des taux élevés, tout en faisant confiance
à l'UE pour garantir le remboursement de la dette grecque. Il faudrait qu'ils participent aux pertes, car ils ont fait un mauvais investissement.


 


Le problème c'est qu'on a voulu élargir un peu trop vite la zone euro. Les pays s'y sont précipités, car l'euro rassure les marchés obligataires. Les marché obligataires étaient satisfait, car
ils y voyaient une garantie pour la dette qu'ils possédaient déjà.


 


Des conditions en termes de déficits ont été fixées. Mais il aurait fallu accorder plus d'attention à l'appareil statistique des pays, et à l'efficacité de leur administration par exemple. (Bien
sûr, je vois la Grèce à travers le prisme de la France.)


 


Et personne n'a voulu envisager un défaut d'un pays de la zone euro.


 


Pourtant, cela ne ferait pas forcément du tort à la zone: les marchés raisonnent déjà, désormais, en termes de pays, et non de zone. La France et l'Allemagne ont des conditions de financement les
plus faible de toute leur histoire! Et d'ailleurs, l'Allemagne, si rigoriste, envisage cette possibilité de défaut sur la dette souveraine.


 


Je ne commenterai que ce point. Pour le reste, vous savez par mon blog que je ne suis pas keynésien. Et le commentaire pourrait être très, très long!


 



Françoise ANRIGO - MARTIN 29/01/2011 06:45



Il me semble qu'une alternative serait de considérer le pays comme une Entreprise.


Dans ce cas, elle serait mise en Règlement Judiciaire pour insuffisance d'actif permettant d'assumer le passif.


Les dettes seraient gelées et un concordat serait proposé pour obtenir le renoncement concerté des créanciers à la partie de leur créance  (ce qui semble possible vu la diversité des
prêteurs) non remboursable -même en situation économique équilibrée- avant 15 ans.


La reprise serait proposée sous la forme SCOP, les associés étant la Population par l'intermédiaire de représentants élus des différentes tendance repésentés proportionnellement aux
voix obtenus et non un choix exclusif relevant d'une dite majorité ce qui exclue la dite minorité qui peut représenter jusqu'à près de la moitié des administrés donc aboutir à
l'immobilisme. 


Y a plus qu'à !!!  Après la moisson des "raisins de la colère" et l'arrachage de ces vignes à vinaigre.



benichou 29/01/2011 07:39



De toute façon, il estquestion de rééchelonnement, voire de restructuration.Ca ne peut plus continuer continuer.



Natacha 27/01/2011 17:19



Ce n'est pas très réjouissant tout ça...merci pour ces informations pertinentes... Bisous



benichou 28/01/2011 09:36



C'est vrai, mais il vaut mieux avoir une vision lucide.


Ca évite soit l'optimisme inconsidéré soit le catasrophisme gratuit.


Bises.



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